1. À qui appartient le code une fois livré ?
La question paraît évidente, et pourtant elle est rarement posée. Certains prestataires conservent la propriété intellectuelle du code ou l'hébergent sur leurs propres serveurs de façon à vous rendre dépendant. Si vous voulez changer d'agence ou d'hébergeur dans deux ans, que se passe-t-il ? Avez-vous accès au dépôt Git ? Pouvez-vous exporter le site et le redéployer ailleurs ?
La réponse attendue : vous devez être propriétaire à 100 % du code livré, avoir accès à l'ensemble des fichiers sources, et pouvoir confier la maintenance à n'importe quel autre prestataire. Si ce n'est pas clairement stipulé dans le contrat, négociez-le avant de signer.
2. Comment sera gérée la migration SEO ?
Une refonte mal gérée peut faire perdre une bonne partie du trafic organique en quelques semaines, parfois jusqu'à la moitié. Les causes sont connues : URLs qui changent sans redirections 301, balises title et meta description supprimées, pages indexées non migrées, sitemap non mis à jour. Toutes ces erreurs sont évitables, à condition que votre prestataire les anticipe.
Demandez un plan de migration SEO explicite : audit des URLs existantes avant la refonte, mise en place d'un mapping de redirections, conservation des balises méta clés, test de crawl post-lancement. Pour aller plus loin sur ce volet, notre guide de l'audit SEO technique détaille les points à vérifier. Si votre prestataire ne sait pas ce qu'est un plan de migration SEO, considérez cela comme un signal d'alarme.
Règle d'or : ne jamais couper une URL existante sans mettre en place une redirection 301 vers la nouvelle URL équivalente. Chaque URL rompue est du trafic et de l'autorité SEO perdus.
3. Quel CMS sera utilisé, et pourquoi ?
WordPress, Webflow, Shopify, développement sur mesure, headless CMS — chaque choix a des implications sur vos capacités à faire évoluer le site en interne, sur les coûts de maintenance, sur la sécurité et sur les performances. Vous devez comprendre ce choix et être en accord avec lui.
Méfiez-vous des prestataires qui recommandent systématiquement leur CMS maison ou une solution propriétaire : vous risquez la dépendance. La question n'est pas "quel CMS préférez-vous ?" mais "quel CMS correspond à nos capacités internes et à nos objectifs ?"
4. Qui assure la maintenance et à quel coût ?
Le coût du site ne s'arrête pas à la livraison. Mises à jour du CMS et des plugins (critique pour la sécurité), corrections de bugs post-lancement, évolutions mineures : tout cela a un coût. Combien ? Sur quelle base (forfait mensuel, TJM, tickets) ? Avec quel délai de réponse garanti ?
Posez la question du contrat de maintenance avant de signer le contrat de création. Un site laissé sans maintenance pendant un an devient vulnérable, et cesse souvent de progresser en SEO.
5. Quel est le planning réel, étape par étape ?
Les devis affichent souvent "délai : 3 mois". Mais 3 mois à partir de quand ? Et avec quels jalons ? Un projet de refonte bien cadré comprend au minimum : kick-off et validation du brief (S1), wireframes et validation UX (S3-4), maquettes graphiques et validation (S5-6), développement (S7-10), recette interne (S11), recette client (S12), corrections (S13), mise en ligne et tests post-lancement (S14).
Si le planning que vous recevez ne détaille pas les étapes de validation client, les livrables attendus à chaque étape et les responsabilités de chaque partie, demandez-le explicitement. Le planning est votre principal outil de pilotage.
6. Comment se passent les allers-retours et les modifications ?
Combien de tours de corrections sont inclus dans le prix pour chaque livrable (wireframes, maquettes, développement) ? Que se passe-t-il si vous demandez une modification qui sort du périmètre initial ? À quel TJM ? Ces règles doivent être écrites noir sur blanc avant le démarrage.
Sans ce cadre, deux situations classiques : soit vous avez peur de demander des corrections et livrez un site qui ne vous convient pas pleinement, soit les allers-retours s'accumulent, le projet prend du retard et la relation client se dégrade. Un bon prestataire clarifie ces règles dès le début, par professionnalisme. Si vous pilotez la refonte avec une équipe externe, notre article sur le pilotage d'un projet digital en équipe externe peut vous aider à cadrer la collaboration.
"Un brief vague produit un devis vague qui produit un site vague. Investissez du temps dans la définition du périmètre avant de signer : c'est là que vous économisez le plus."
7. Comment sera mesurée la performance post-lancement ?
La livraison du site marque le début du travail, pas son aboutissement. Qui met en place Google Analytics 4 avec les bons événements de conversion ? Qui configure Google Search Console ? Qui surveille les Core Web Vitals et les erreurs d'indexation dans les semaines suivant le lancement ?
Un site livré sans tracking correctement configuré est un site qu'on ne peut pas améliorer. Assurez-vous que la mise en place des outils de mesure est incluse dans le périmètre, ou budgétez-la séparément.
8. Pouvez-vous parler à un client de référence sur un projet similaire ?
Toutes les agences ont de beaux portfolios. Mais un portfolio montre le meilleur, pas la moyenne. Demandez à parler directement à un client sur un projet de taille et de complexité comparable au vôtre. Posez-lui trois questions simples : le projet a-t-il été livré dans les délais et le budget ? Comment se sont passés les allers-retours ? Recommanderiez-vous ce prestataire sans hésitation ?
Un bon prestataire accède volontiers à cette demande. Une réticence ou des références non joignables est un signal à prendre au sérieux.